Népal : Mobilisation de la Croix-Rouge Internationale contre la diarrhée
Fédération Internationale des Sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge
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20/05/2010 13:20:00
Dans le cadre d'une mobilisation à grande échelle pour faire face à l'augmentation des risques sanitaires au centre et à l'ouest du Népal, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et la Croix-Rouge du Népal lancent un appel visant à recueillir près de 740 000 francs suisses (USD 664 000/EUR 527 000) sous forme de contributions en espèces, en nature ou en services afin d'assister jusqu'à 189 000 personnes durant les neuf prochains mois.
Suite à l'augmentation des températures enregistrée ces dernières semaines et à la pénurie de sources d'approvisionnement en eau potable, le nombre des cas de diarrhée est à la hausse dans les régions les plus reculées du pays. A ce jour, on a officiellement recensé dix-sept décès et quelque 300 infections.
"Il est très difficile de trouver de la nourriture à Khalanga, et plus encore des médicaments", déclare Nandakala Thapa, qui pleure sa fille de 20 ans, décédée juste après son mariage des suites de la diarrhée.
La Croix-Rouge du Népal a déjà déployé des équipes de volontaires pour aider les pouvoirs publics et les agences humanitaires engagées dans le groupe sectoriel eau, assainissement et hygiène (Water, Sanitation and Hygiene - WASH) à mettre sur pied des campagnes de promotion de l'hygiène et à prépositionner des secours d'urgence.
Cependant, afin d'optimiser l'impact de l'intervention, ces efforts vont être intensifiés, notamment dans les régions où la Croix-Rouge du Népal est la seule organisation opérationnelle. C'est d'autant plus nécessaire que la saison de mousson, maintenant imminente, risque d'accroître sensiblement le nombre des districts et communautés touchés par des flambées de diarrhée, comme cela a été le cas ces dernières années.
"Nous n'avons pas le droit d'attendre qu'une épidémie de diarrhée aqueuse aiguë décime la population", observe Dev Rarna Dhakhwa, secrétaire général de la Croix-Rouge du Népal. "C'est pourquoi notre approche doit être proactive et non pas réactive. Nos actions préventives doivent viser à sauver des vies et à limiter les souffrances humaines avant qu'il ne soit trop tard."
Les opérations menées par la Fédération internationale et la Croix-Rouge du Népal devraient permettre d'enrayer la propagation des maladies diarrhéiques et contribuer à réduire le risque de flambées épidémiques comme celles qui, en 2009, ont fait 371 morts et affecté quelque 67 000 personnes. L'accent sera mis sur la promotion de l'hygiène, le stockage et la distribution de kits de prévention et la fourniture de services d'approvisionnement en eau et d'assainissement parmi les communautés les plus vulnérables. On mettra à profit l'expérience acquise par la Société nationale durant l'épidémie de l'an dernier, qui avait mis en évidence la nécessité d'apporter une réponse durable aux besoins et carences chroniques des communautés exposées afin d'éviter la récurrence de ces flambées meurtrières.
Au Népal, les services de santé et d'hygiène sont insuffisamment développés, voire inexistants parmi les populations de certaines régions écartées qui sont dépourvues de personnel médical et où il est très difficile d'acheminer des médicaments et autres secours essentiels. Facteur aggravant, les habitants des zones rurales, très attachés aux pratiques et méthodes de soins traditionnelles, s'abstiennent souvent de faire appel aux professionnels de la santé.
Une prévention fondée sur l'expérience
"Nous devons lancer sans le moindre délai des programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement et nous atteler à la construction de latrines dans chaque foyer", martèle Sanat Kumar Karki, président de la section Croix-Rouge de Jajarkot. "Si le gouvernement et les donateurs nous aident à sensibiliser la population, nous avons bon espoir d'empêcher que les tragédies du passé ne se répètent encore et encore."
Durant la dernière flambée de diarrhée en 2009, la Croix-Rouge du Népal avait mobilisé 1720 volontaires qui avaient touché près de 1,2 million de personnes, les conseillant sur la façon de conserver et de purifier l'eau, de protéger les sources d'approvisionnement afin d'empêcher leur contamination, et de préparer et administrer des solutions de réhydratation orale.
Pour sensibiliser la population, ils avaient également recouru à des spectacles de rue, des peintures murales et des campagnes d'affichage ainsi qu'à des réunions dans les écoles, efforts complétés par des distributions de supports d'information et de secours matériels.