Mercredi 7 février journée sans Département : Plus de 2.000 personnes rassemblées à Créteil (Val-de-Marne)

Conseil Départemental du Val-de-Marne - 07/02/2018 18:08:36


Mercredi 7 février, comme dans les 6 autres départements d'Ile-de-France, en Val-de-Marne, le Conseil départemental du Val-de-Marne a organisé une « journée sans Département » pour souligner ce que serait notre territoire sans son service public départemental.

La mobilisation s'amplifie, le cap des 40.000 signataires contre la suppression du département a été franchi hier.

Aujourd'hui, tous les services départementaux - hors astreintes et urgences (à l'image des 70 agents mobilisés pour le déneigement de 200 km de voiries départementales) - sont fermés.

Un rassemblement se tient depuis 11h00 devant la Préfecture à Créteil.

Malgré des conditions météorologiques particulièrement défavorables, plus de deux mille personnes, élus, de toutes sensibilités, agents du Départements, acteurs de la vie locale, citoyens, ont participé à ce rassemblement convivial et combatif. Plus de trois mille autres personnes qui n'ont pu se déplacer ont suivi en direct ce rassemblement sur les réseaux sociaux.

L'initiative s'est ouverte par une intervention (ci-jointe) de Christian Favier, Président du Conseil départemental entouré des conseillères et conseillers départementaux, de parlementaires, de maires et de conseillers régionaux.

De nombreux témoignages d'agents du service public départemental, d'acteurs de la vie locale soulignant l'utilité du Département ponctuent cette initiative inédite.

L'intervention de Christian Favier

Journée sans Département Mercredi 7 février 2018 Introduction du Président

Mesdames, Messieurs,
Chères Val-de-Marnaises, chers Val-de-Marnais,

Merci tout d'abord d'être venus très nombreux ce matin dire votre refus de la suppression de votre Département, le Val-de-Marne.
Vous l'avez fait dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles, avec des chutes de neige particulièrement importantes. Je veux souligner d'ailleurs que cette journée sans département voit aussi se mobiliser les agents du Départements assurant le déneigement de 200 kilomètres de routes départementale.
Depuis lundi, jours et nuits, 70 agents, et 10 engins de déneigement ont sillonné le Val-de-Marne pour atténuer au maximum les difficultés générées par la neige.
C'est bien la preuve -si besoin en était- que ceux qui estiment que le Département n'exerce aucune compétence utile au quotidien mentent de manière éhontée. Oui notre Département, son service public, ses agents, sont bien là, utiles au quotidien de tous nos concitoyens, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente !
Les éléments ne sont donc pas avec nous aujourd'hui. Je ne veux surtout pas y voir un quelconque effet jupitérien. Mais la neige, le froid, les contraintes de déplacement, l'appel des autorités de l'Etat à limiter au maximum les déplacements en véhicule individuel nous conduisent à modifier et à raccourcir dans le temps ce rassemblement

Je tiens toutefois à remercier toutes celles et tous ceux qui ont bravé la neige et le froid pour assister à ce rassemblement inédit. Merci, pour leur présence active, aux élus de toutes sensibilités, conseillers départementaux, régionaux, municipaux, maires de nombreuses communes, parlementaires.
Merci aux agents du service public départemental pour leur mobilisation.
Merci aux citoyens, aux acteurs de la vie départementale qui sont présents ce matin pour dire leur attachement au Val-de-Marne.
Ensemble, par notre présence, par notre diversité, par notre colère face aux menaces qui pèsent sur notre Département, nous représentons une force sur laquelle il va falloir compter.
Et de tels rassemblements, se tiennent également aujourd'hui dans les six autres départements voisins pour dire non à la suppression des départements et promouvoir une métropole ambitieuse, solidaire et démocratique avec tous les départements d'Ile de France.

Cette mobilisation, large, diverse, résolue constitue la meilleure réponse aux très graves menaces qui pèsent sur l'avenir de nos collectivités départementales.
Le Président de la République a indiqué en juillet dernier, qu'il entendait réduire drastiquement le nombre des collectivités locales au sein de la région capitale.
Il s'était engagé à organiser un large débat sur le sujet, pour proposer, dans la concertation, une nouvelle organisation administrative de la métropole.

Et bien il n'a pas tenu parole.

Les seuls échanges qui ont eu lieu depuis se sont limités à des rencontres avec de hauts fonctionnaires, qui se contrefichent du devenir des services publics locaux et du sort des agents territoriaux.
A trois reprises, nous aurions dû rencontrer le Président Macron. Trois fois, au dernier moment les rendez-vous ont été annulés. Quel signe de mépris à l'égard de nos assemblées élues.

Les seules informations dont nous disposons émanent d'articles de presse, apparemment bien mieux renseignés que les élus de la République, indiquant la volonté de supprimer les départements de petite couronne.
Aucune concertation avec les élus, aucune consultation de la population et des agents publics locaux.
Tout ceci est une véritable mascarade, un déni total de démocratie.

Alors, face au secret et à l'ombre des cabinets ministériels où semble se tramer le sort de nos départements, nous avons préféré la lumière du débat public transparent, en donnant la parole à toutes celles et à tous ceux qui sont attachés à notre département.

C'est le sens de ce rassemblement festif, convivial, mais également déterminé et combatif.
Ainsi nous démontrons combien supprimer le Val-de-Marne et les services, les actions, les initiatives qu'il développe en direction de la population serait une absurdité sans nom.

En effet, pourquoi supprimer ce qui fonctionne bien ?
Que peut-on reprocher aux départements dans l'exercice de leurs missions ?

Et au final, quelles améliorations la suppression des départements apporterait-elle à l'action publique ?
A ces questions, nous n'avons bien évidemment reçu aucune réponse du pouvoir.
Aucune étude sérieuse n'a été menée pour évaluer ce que génèrerait la suppression de nos départements et les dépenses nouvelles qu'elle engendrerait.

En revanche, voici quelques exemples des conséquences désastreuses d'une telle décision :
-Supprimer le Val-de-Marne, ce serait rayer d'un trait de plume 50 ans de politiques publique utiles à toutes et à tous.
-Ce serait supprimer tout ce qui fait l'identité de ce département solidaire, équilibré, où la grande majorité de ses habitants estiment qu'il y fait bon vivre.
-Supprimer le Val-de-Marne, ce serait supprimer ce lien fort de partenariat qui unit le Département aux communes, mais aussi à la Région.

-Supprimer le Département, ce serait désorganiser durablement des services publics essentiels, je pense à la protection de l'enfance, aux collèges, à l'assainissement, à l'entretien des routes, aux crèches...
Lorsque l'on voit la mobilisation des agents départementaux pour protéger nos concitoyens de la crue qui touche les villes qui bordent la Seine et la Marne, on imagine ce que produirait la désorganisation de tels services.
-Supprimer le Val-de-Marne, ce serait également geler pour des années l'investissement et fragiliser les emplois qui vont avec.

-Supprimer le Val-de-Marne, ce serait supprimer des actions innovantes propres à notre Département, je pense aux ordinateurs que nous remettons à chaque élève qui entre au collège, au mesures en faveur du droit à la mobilité et au pouvoir d'achat, le remboursement de 50% de la Carte Imagin'R, la carte améthyste qui désormais bénéficie aux retraité non imposables comme à ceux qui ne le sont pas.
Je pense aux crèches départementales, nous sommes le seul département qui en compte autant, 76, et dont nous entendons réaliser 500 nouvelles places dans les années qui viennent.
Je pense à toutes nos mobilisations pour défendre les atouts de notre territoire, mobilisation pour les équipements de santé, pour sauver aujourd'hui la chirurgie hépatique à Mondor.
Mobilisation pour développer les infrastructures de transport, comme la bataille que nous avons menée avec Orbival et qui a débouché sur les travaux qui aujourd'hui sont engagés sur la ligne 15 du Grand Paris Express.
On nous dit que les départements sont ringards, incapables d'innover.

Et bien mesdames et messieurs les technocrates qui ne quittent jamais le 7ème arrondissement. Je vous lance une invitation : venez ici, venez voir ce que c'est concrètement que l'innovation au service de tous.
Regardez, sans le Val-de-Marne, sans le Département, sans la mobilisation des élus et des populations on ne serait pas prêt de voir le métro relier la banlieue à la banlieue sans passer par Paris.
Innovation également Avec le futur téléphérique qui reliera Villeneuve Saint Georges à Créteil.
Innovation aussi pour favoriser la qualité de vie en ville, avec un réseau de parcs départementaux gagné sur la spéculation immobilière.
Innovation également en matière de lutte contre le réchauffement climatique et pour défendre l'eau, notre bien commun.
Innovation et solidarité aussi, avec l'intervention en direction de nos concitoyens les plus fragiles, nos aînés en perte d'autonomie, celles et ceux que le chômage et la précarité isole, nos concitoyens handicapés où les enfants maltraités que nous protégeons au quotidien. Qu'adviendra-t-il de tout cela si le Département disparaît ?
Qu'adviendra-t-il du logement social que nous soutenons activement et dont certains préconisent déjà la privatisation ?

Qu'adviendra-t-il de l'aide que nous apportons au tissu associatif, aux milieux sportifs, aux acteurs de la culture, du tourisme, des loisirs ?
Qu'adviendra-t-il enfin de tous les agents départementaux ? Ils sont 22.000 en petite couronne et 8.000 en Val-de-Marne. Là également si j'en crois les récentes déclarations du premier ministre, c'est un plan social d'ampleur qui se prépare, avec des milliers de départs volontaires ? C'est inadmissible !
Je comprends et je partage l'inquiétude des agents, des agents du Département bien sûr, qui aujourd'hui n'ont aucune réponse du gouvernement quant à leur avenir.
Mais aussi celle des agents des communes qui savent parfaitement, comme le préconise d'ailleurs la cour des comptes, que les communes sont les prochaines à être sur la liste des collectivités menacées.
C'est donc, avec ces projets métropolitains autoritaires et imposés, un véritable livre noir auquel nous prépare le pouvoir.
Livre noir de la mise en pièce du service public local et du statut de la fonction publique.
Livre noir de la remise en cause permanente de la décentralisation.
Livre noir de l'étranglement de la dépense publique et du transfert de nombreuses activité à l'appétit des grands groupes du privé.
Livre noir de la destruction programmée de la démocratie locale, de proximité et de terrain.
Fini la décentralisation, place aux technocrates, aux bureaucrates et au retour de l'Etat central tout puissant, au retour de la banlieue comme arrière-cour de la capitale.
Est-cela que nous voulons ?
Et bien non, cet avenir programmé, je le refuse, nous le refusons pour le Val-de-Marne.

Cette « journée sans Département » en témoigne, le Val-de-Marne sans sa collectivité départementale, ce ne sera plus le Val-de-Marne, ce sera une forme de trou noir livré à la spéculation immobilière et aux inégalités sociales et territoriales.
Cette perspective je la refuse, nous la refusons.

Et nous ne sommes pas seuls.
Plus de 450 maires et 1.000 élus d'Ile de France se sont clairement exprimés contre cela.
40.000 Val-de-Marnais ont déjà signé la pétition pour dire non à la suppression du Val-de-Marne.
Le mouvement grandit, les trois quarts de nos concitoyens qui se disent opposés à la disparition du Département commencent à être exaspéré du mépris et de la morgue avec laquelle le pouvoir les traite.
Alors je souhaite que cette journée puisse contribuer à faire comprendre au Président de la République que si en Val-de-Marne, nous sommes attachés à la solidarité, à l'égalité, à l'innovation, nous sommes aussi une terre de mobilisation, de lutte et de contestation, une terre de Résistance !
Il y a 50 ans, au printemps 1968, les habitants et travailleurs du Val-de-Marne, tout juste naissant, ont joué un rôle particulièrement actif dans le mouvement pour gagner de nouveaux droits pour tous.
Cette faculté de mobilisation, de rassemblement, fait partie de l'ADN, de l'identité du Val-de-Marne. Je suis convaincu que nous allons encore le prouver aujourd'hui.

Merci encore de votre présence et de votre mobilisation.
Merci à toutes celles et tous ceux qui vont maintenant témoigner de leur attachement aux politiques publiques départementales.
Chers amis, pour notre Département, on ne lâchera rien !
Et à la volonté du pouvoir de supprimer le département,
Ensemble « On dit Non ! », 3 fois non !


Conseil Départemental du Val-de-Marne


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Patrick Hervy
Attaché de Presse
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