Centenaire de Roland Garros : Didier Robert demande au Président Emmanuel Macron que le héros accède au Panthéon de la République

REGION Réunion - 30/05/2018 23:50:00

Discours de Didier Robert sur Roland GARROS, son épopée et la demande de toute la Réunion de l'accession du héros de l'aviation au Panthéon

Monsieur le représentant de la Ministre des Outre-mer Annick GIRARDIN,

Messieurs les Sénateurs de La Réunion, Jean-Louis LAGOURGUE, Michel DENNEMONT,

Mesdames et messieurs les élus,

Monsieur le Président de la Fédération Française de Tennis, cher Bernard GIUDICELLI,

Monsieur le Président de l'IRT,

Aux nombreux « ambassadeurs » de l'Ile de La Réunion Tourisme présents ce soir (Valérie BEGUE, Laurence ROUSTANDJEE, Mémona AFFEJEE-HINTERMANN, Sophie GASTRIN, Marie-Christine PONAMALE, Stéphane BIJOUX, Sébastien FOLIN, Stéphane JOBERT...),

Madame la Présidente de la Ligue Réunionnaise de tennis,

Aux membres de la famille de Roland GARROS qui nous font l'honneur et l'amitié de leur présence ce soir,

Mesdames et messieurs,

Je veux évidemment saluer et adresser nos remerciements les plus sincères à Bernard GIUDICELLI sans qui cette soirée « hommage » n'aurait pu se tenir.

Des remerciements d'abord, cher Président GIUDICELLI, pour nous accueillir dans cet espace unique et magique pour tous les amoureux du tennis et du sport en général. Ce sont pendant ces quelques jours les plus grands du tennis mondial qui vont s'affronter pour l'un des trophées les plus convoités sur la terre battue des courts Philippe CHATRIER ou Suzanne LENGLEN.

Cette année, hors compétition encore à ce stade(!), ce sont 60 jeunes Réunionnais des quartiers défavorisés qui sont présents. Avec le soutien de la Fédération Française de Tennis, avec l'association « Fête le Mur », présidée par Yannick NOAH, ces jeunes filles et ces jeunes garçons auront l'occasion d'assister à des matchs, taper la balle peut être avec des champions et aussi bien sûr représenter notre île.

La Réunion : une île aux mille paysages et aux mille visages. La magie là aussi d'une merveilleuse diversité des paysages reconnue au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, avec, en ce moment même, le volcan du Piton de la Fournaise qui s'est réveillé, en pleine activité pour une superbe éruption forte en couleurs. La magie aussi d'une population mélangée aux rythmes de l'Europe, de l'Afrique, de l'Inde, de la Chine, des îles de l'Océan Indien, une population qui aura appris à se construire pour savoir vivre ensemble dans un esprit de paix et de tolérance au-delà des différences. C'est cette Réunion également qui est ici présente dans les coulisses de la compétition cette année puisque vous avez accepté cher Président que l'Ile de La Réunion puisse avoir un espace ici pendant toute la durée du tournoi tenu par l'IRT.

Des remerciements encore, cher Bernard, pour nous offrir cette année aussi une très belle opportunité de rendre un hommage appuyé à l'un des nôtres.

Il y a cent ans, le 5 octobre 1918, mourait l'aviateur français le plus connu dans le monde entier : le Réunionnais Roland Garros. Il fut le premier, dans l'histoire de l'humanité, à avoir relié par la voie des airs deux continents, l'Europe et l'Afrique.

Né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de La Réunion, il part seul, dans un périple maritime qui l'amène d'Indochine à Paris, à l'âge de onze ans, pour ses études. Il se tourne vers le sport pour surmonter une faiblesse pulmonaire chronique. Il sera champion de France scolaire de cyclisme, capitaine de l'équipe championne de football lycéen ; licencié au Stade-Français, il pratique le rugby et le tennis. Diplômé de HEC, il participe à l'aventure naissante de l'automobile en ouvrant une franchise de vente Grégoire sur les Champs-Elysées. Mais il n'a qu'un rêve : voler.

Comme en toutes choses, Roland Garros excellera dans ce qui deviendra son métier. Pilote professionnel, détenteur des records mondiaux de vitesse et d'altitude, il brille dans les ciels européens. Il se fait aviateur-acrobate aux Etats-Unis, où il participe à des rodéos de haute voltige. La presse américaine le surnomme le « cloud kisser », (celui qui donne des baisers au nuage, celui qui flirte avec les nuages). Sa virtuosité est telle « qu'il se poserait sur des oeufs sans les casser » écrit la presse people. Il partage son expertise avec les pays de l'Amérique du Sud et il est considéré comme le père de l'aviation brésilienne. Il est également le premier à avoir fait des photos aériennes, à Paris et en Amazonie, tenant le manche à balai d'une main et l'appareil photo de l'autre.

Le 23 septembre 1913, Garros tente une première mondiale : relier deux continents sans escale. Traverser la Méditerranée est un rêve insensé ! Cette mer est un cimetière d'aviateurs et d'aéronefs.

Le Morane-Saulnier est un monoplace français de 6m30, entoilé de lin, sans flotteur, le carburant calculé au plus juste pour un aller-simple ; l'aviateur n'a pas de parachute : c'est trop lourd ! C'est réussir ou c'est mourir. Parti de Fréjus à 5h47, il touche la terre africaine à Bizerte à 13h40, soit les 760 km en 7h53.

Garros entre dans l'Histoire, propulsant dans un même mouvement le monde dans la modernité.

Il est accueilli en héros en Europe avant que la guerre n'éclate moins d'un an plus tard. Le 3 août 1914, la France entre en guerre. Né dans la colonie de La Réunion, Garros n'est pas mobilisable dans un premier temps. Mais il s'engage comme Volontaire. Le plus célèbre pilote de l'aviation civile deviendra le premier pilote de chasse de l'aviation militaire. Le 1er avril 1915, la France étrenne sa première victoire aérienne sur un prototype équipé pour le tir central à travers l'hélice. La France a la maîtrise du ciel. Pour peu de temps !

Touché au-dessus de la Belgique, Roland GARROS est fait prisonnier par les Allemands pendant près de trois ans. Son évasion rocambolesque, déguisé en officier allemand le 17 février 1918, ajoute à sa légende.

Il va réapprendre à voler sur de nouveaux avions. Et le 5 octobre 1918, il ne rentre pas ; c'est la veille de son anniversaire, et le monde est à quelques semaines de l'armistice. Après la victoire, on retrouvera sa tombe dans le cimetière de Vouziers ; il avait été mis en terre par les Allemands.

Cette guerre, dont nous commémorons en 2018 le centième anniversaire de sa conclusion, a fait 10 millions de morts. Toute une génération de jeunes Européens partira dans des charniers communs ou des cimetières fleuris. D'autres jeunes hommes viendront du monde entier mourir sur la terre de France.

Ils étaient venus donner leur sourire, leur sang et leur courage pour défendre la civilisation, une certaine idée de l'Europe des Lumières, et la Troisième République.

Et la République semble les avoir oubliés. Car il y a en France un mystère mémoriel : pourquoi n'y-a-t-il pas de combattants de la Première Guerre au Panthéon des Grands Hommes, alors que la Seconde Guerre verra entrer sept de ses enfants (Félix Eboué, Jean Moulin, André Malraux, Jean Zay, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz).

En cette année du Centenaire, quand la France accueillera en novembre, pour un hommage solennel, les chefs d'Etat de la Planète dont les ressortissants sont tombés pour la France, nous proposons de réparer cet oubli : faisons entrer un combattant de la Grande-Guerre au Panthéon.

Permettez-moi, au nom de la Région Réunion, au nom des associations qui depuis notre île soutiennent ce projet depuis de nombreuses années, au nom de ceux qui ne peuvent plus rien exiger, permettez-moi de demander la juste reconnaissance pour un hommage légitime vis-à-vis de ceux qui sont tombés pour ne plus jamais se relever.

Permettez-moi de proposer à la République d'honorer ses héros, tous ces héros, à travers l'un d'entre eux : faisons entrer au Panthéon, l'aviateur Roland Garros. Une démarche officielle est engagée auprès du Président de la République au nom de tous les Réunionnais.

Je vous remercie de votre attention.

Didier Robert
Président de la Région Réunion


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