Olivier KLOTZ, candidat à la présidence du Medef : "Ensemble pour un lobbying pro-business et pro-entreprises européennes"

Louise Douillet - Rédaction NEWS Press - 19/06/2018 10:25:00


Olivier KLOTZ, chef d'entreprise alsacien de 56 ans, figure parmi les quatre candidats à la présidence du Medef encore en lice. Déterminé à défendre un projet bien différent de celui de ses concurrents, il était l'invité du Press Club de France jeudi 14 juin 2018.


Un outsider au profil nouveau parmi les candidats habituels
"Je suis un chef d'entreprise, un père de famille et un grand voyageur". Le ton est donné dès le début de l'interview menée par un des membres du Press Club. Olivier KLOTZ, à la tête de la filiale française de l'entreprise allemande Heuft France, spécialisée dans les systèmes d'inspection sur les chaînes d'embouteillage de boissons, joue délibérément la carte de la nouveauté, de l'outsider au sein de ce groupe de candidats de la "tradition". Il nous rappellerait presque un certain candidat à la présidence de la République, ambitieux, confiant, mais semble-t-il, davantage mû par une ambition "collective que personnelle". Olivier KLOTZ ne manque d'ailleurs pas d'en vanter les mérites, ceux d'un Président à la tête d'une start-up nation, doté d'une irrémédiable volonté de réformer, malgré la frilosité des Français.

L'interviewé assure à ce propos vouloir renforcer la transversalité, plus que l'horizontalité, afin de permettre aux chefs d'entreprise créateurs de start-up de trouver au Medef une base ressources et un réseau d'appui pour faire face aux réglementations et usages du monde de l'entreprise. "Ôtons la cravate et pensons à changer nos modes de fonctionnement !" lance-t-il avec ferveur.


Vers une alliance franco-allemande face aux multinationales américaines
"Face au GAFA, aux multinationales américaines de transport de personnes, de tourisme... une alliance pro-entreprises européennes s'impose". Olivier KLOTZ rappelle à ce sujet quelques chiffres probants : à Bruxelles, le Medef ne compte que 3 lobbyistes ; pour le Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI) allemand, ce ne sont pas moins de 30 experts qui siègent et une vingtaine pour la Cofindustria italienne. Après avoir pu récemment constater qu'une alliance franco-allemande était de nouveau envisageable, notamment concernant le dossier iranien sur l'accord conclu en 2015 avec le « P 5+1 », Olivier KLOTZ semble confiant quant au champ de possibilités de collaborations qui s'ouvre.

Donner la priorité aux chefs d'entreprise face à la surréglementation des administrations publiques
"Je me positionne en tant que porte-parole des preneurs de risques, des entrepreneurs, de ceux qui créent de la richesse, qui embauchent, qui innovent, et parfois exportent." Et, face à ce qu'il considère être un "déluge réglementaire", Olivier KLOTZ réclame un pacte de stabilité réglementaire, pour obtenir une garantie quant à l'avenir des entreprises françaises. "Voilà ce que je reproche aux réformes menées par le Président de la République : leur manque de visibilité".

La priorité aux entreprises mais, aussi, à la protection sociale. Le modèle entrepreneurial français, s'il doit être réinventé, ne peut l'être sans une prise en considération des obstacles présents au niveau des charges salariales. Selon le candidat, il s'agirait de s'inspirer, plus que de simplement appliquer à l'identique, du modèle allemand et des lois Hartz de 2003-2005, pour faire baisser le chômage, les coûts de protection sociale et assurer la durabilité d'une balance commerciale. Pour autant, Olivier KLOTZ est ferme sur ce point, il ne s'agit nullement de contribuer à une dégradation des services de protection sociale offerts aux Français. Il veut les positionner au niveau des systèmes de protection de ses voisins, en premier lieu l'Allemagne.

Louise Douillet