De l'importance d'apprendre : une révolution de l'apprentissage est nécessaire

La Banque Mondiale - 15/04/2019 13:40:00


Beaucoup de pays ont accompli des avancées extraordinaires sur le plan de la scolarisation, mais il reste encore beaucoup à faire pour veiller à ce que les élèves acquièrent effectivement des apprentissages et qu'ils possèdent les compétences nécessaires aux emplois de demain. Dans son allocution liminaire, la vice-présidente de la Banque mondiale pour le Développement humain a exposé l'ampleur du défi : 60 % des élèves du primaire dans les pays en développement n'ont pas les acquis de base en lecture, écriture et mathématiques. Mais pour pouvoir agir efficacement, a souligné Annette Dixon, les pays doivent disposer d'un état des lieux de la situation et savoir précisément le chemin qu'il leur reste à parcourir pour améliorer la qualité de l'éducation et garantir l'accès de tous les élèves aux apprentissages.

La secrétaire d'État britannique au Développement international Penny Mordaunt, qui participait au premier panel, a exhorté les pays à renforcer les acquis scolaires des élèves et les enseignements techniques avec l'aide du secteur privé. La directrice générale de l'UNICEF a insisté pour sa part sur l'importance de doter les jeunes d'un bagage complet de compétences qui les prépareront aux besoins du marché du travail. Ce bagage, a expliqué Henrietta Fore, doit leur apporter, outre les acquis scolaires de base, des compétences transférables, linguistiques, numériques et entrepreneuriales.

À la suite des conflits qui y ont sévi, la Sierra Leone a été confrontée à un déficit de capital humain qui l'a obligée à recourir à de la main-d'oeuvre étrangère, a témoigné Jacob Jusu Saffa. Cette situation, a poursuivi le ministre des Finances sierra-léonais, a renforcé sa détermination à garantir que chaque enfant puisse recevoir une éducation de qualité et à lutter en particulier pour l'intégration des élèves handicapés. Julia Gillard, présidente du Partenariat mondial pour l'éducation (GPE), a appelé au partage des meilleures pratiques et à la collaboration entre pays pour un apprentissage mutuel, et souligné l'importance de la coordination des financements pour améliorer leur efficacité.

L'événement s'est également fait le porte-voix des jeunes et de la manière dont ils voient l'avenir de l'éducation, avec la projection d'une vidéo mettant à l'honneur les finalistes (a) d'un récent concours de rédaction de blog parrainé par le Financial Times et la Banque mondiale. Les deux jeunes lauréates (a) du concours, Nhi Doan, 17 ans, et Ishita Gupta, 16 ans, originaires du Viet Nam et d'Inde respectivement, étaient présentes pour recevoir leur prix sous les applaudissements de l'auditoire.

Au cours du deuxième débat, la ministre jordanienne du Plan et de la Coopération internationale, Mary Kawar, a dit combien il était important de préserver le droit à l'éducation pour tous les enfants. Et de souligner comment, face à l'afflux de réfugiés dans son pays, des assistants d'éducation syriens et jordaniens oeuvraient en collaboration étroite avec les écoles, la société civile et les organismes gouvernementaux pour permettre aux enfants de continuer à apprendre.

Le cofondateur de LinkedIn Allen Blue a quant à lui insisté sur la nécessité d'accompagner les aptitudes techniques de compétences plus générales comme l'esprit d'équipe ou la capacité à communiquer. Annette Dixon a conclu l'événement en mettant en avant les quatre éléments qui doivent être réunis pour réaliser la promesse de l'éducation : des élèves prêts pour apprendre et bien accompagnés, des enseignants motivés et bien formés, un soutien technologique efficace et inclusif, et un mode de gestion et de gouvernance fondé sur le mérite. C'est de cette façon que tous les élèves pourront acquérir les compétences que les machines ne pourront pas leur apprendre.