Beirut ONUDC Réhabilitation des enfants ayant commis des infractions liées à l'extrémisme ou au terrorisme avec le soutien de l'ONUDC.

ONUCDC - Office des Nations Unies Contre la Drogue et le Crime - 08/10/2019 09:15:00


Le 26 septembre dernier, le Liban a publié son premier rapport national au sujet des efforts de réhabilitation des enfants ayant commis des infractions liées à l'extrémisme violent ou au terrorisme, intitulé « de terroriste présumé à foi en la vie ». Le rapport démontre comment des jeunes ont été réintégrés dans la communauté dans le cadre du programme « Réconciliation avec la vie » à travers des activités, mécanismes et projets spécialisés et en ayant recours à du personnel expérimenté pour garantir une bonne implémentation.
C'est dans un contexte très spécifique, entre 2012 et 2016, caractérisé par une vague d'attaques terroristes dans les villages sur la frontière libanaise avec la Syrie et les quartiers sud de Beirut, qu'un nombre croissant de jeunes recrutés et exploités par des groupes armés ont été appréhendés et transférés à l'aile juvénile de la prison de Roumieh au Liban.

De nouvelles stratégies pour traiter de ce problème tout en préservant « les meilleurs intérêts de l'enfant » comme principe central ont ensuite été élaborés. Le programme de réhabilitation qui en a résulté et qui a été mis en oeuvre dans l'aile juvénile de la prison de Roumieh vise à augmenter les chances de réintégration sociale de l'enfant et son désengagement de la violence.

Le rapport documente les effets du projet « Amélioration de la gestion de prisons et réhabilitation et réintégration des détenus à haut risque au Liban », mis en place par le ministre de la justice collaborativement avec le ministre de l'intérieur et des municipalités, avec le soutien technique de l'ONUDC et le financement du Canada, de l'Union Européenne et de l'Italie.

Le lancement du rapport a eu lieu dans le bureau du premier ministre, en présence de Bahia El Hariri, représentant du premier ministre Saad El Hariri ; Dr. Albert Serhan, ministre de la justice ; Emmanuelle Lamoureux, ambassadrice du Canada au Liban ; Rubina Abou Zeinab, chef de l'unité de prévention de l'extrémisme violent de l'office du premier ministre ; Philip Lazzarini, député spécial de coordination de l'ONU, coordinateur résident et humanitaire ; et Cristina Albertin, représentante régional de l'ONUDC pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord.

« À travers des mécanismes tels que des formations professionnelles, du support psychologique et des activités génératrices de revenu, les jeunes sont donnés l'opportunité de se réformer et de se réhabiliter avec pour objectif ultime de faciliter leur réintégration dans la société et commencer à nouveau... depuis sa création, l'initiative a atteint plus de 735 garçons dans la prison de Roumieh et 43 filles à l'institut Moubadara, » a commenté Mme. Lamoureux, à propos du programme.

Dr. Serhan a noté que « ce qui distingue ce programme de réhabilitation est qu'il incorpore des étapes d'intervention qui reflètent la réalité des enfants en prison, tels que des observations spécialisées, des orientations productives et une participation positive dans l'utilisation des ressources en prenant en compte la famille et la société pour garantir la réintégration de l'enfant dans le contexte spécifique de son environnement ».

Ces efforts font partie de l'implémentation d'une stratégie nationale de prévention de l'extrémisme violent entreprise par le gouvernement libanais, ce qu'a souligné Abou Zeinab, le coordinateur national pour la prévention de l'extrémisme violent. « L'une des caractéristiques de la stratégie nationale est de ne pas perdre espoir et insister qu'une réintégration est toujours possible pour tout individu de la société » a déclaré Abou Zeinab à l'évènement.

Mme Albertin a exprimé que l'ONUDC était prête à partager, diffuser et faire prendre conscience dans la région et partout dans le monde de cette pratique libanaise unique et révolutionnaire pour le bénéfice des enfants. De plus, elle a remercié les praticiens et experts qui ont travaillé sur le rapport « pour avoir mis les enfants détenus au coeur de leur travail et pour n'avoir jamais abandonné espoir pour eux ».

Les résultats décrits dans le rapport, en termes de non-récidivisme, suite à l'enrôlement dans le programme, sont encourageants. Accumuler de nouvelles aptitudes, s'ouvrir aux autres et adopter des moyens non-violents d'action ont été démontrés avoir aidé les jeunes en question. Les auteurs du rapport ont par conséquent proposé l'extension du programme aux jeunes adultes de 18 à 25 ans ayant commis des infractions liées à l'extrémisme violent et au terrorisme.

Mais si la réhabilitation mène à des résultats positifs et concrets dans le cadre de l'expérience mise en place dans l'aile juvénile de la prison de Roumieh, le défi principal demeure au niveau de la réintégration sociale. En l'absence de mécanismes locaux pour assurer une réintégration à long terme pour les jeunes concernés, le risque de réengagement dans l'extrémisme violent et le terrorisme demeure.