101 personnes arrêtées et 19 000 objets volés retrouvés au cours d'une action internationale contre le trafic d'oeuvres d'art

Interpol - Organisation internationale de police criminelle - 11/05/2020 11:15:00


INTERPOL, Europol et l'Organisation Mondiale des Douanes se sont mobilisés lors des opérations Athena II et Pandora IV


Plus de 19 000 pièces archéologiques et autres objets d'art ont été retrouvés dans le cadre d'une opération mondiale déployée dans 103 pays dans le but de démanteler des réseaux internationaux de trafiquants d'oeuvres d'art et d'antiquités.

101 suspects ont été arrêtés et 300 enquêtes sont en cours dans le cadre de cette action coordonnée de diverses agences de lutte contre la fraude. Les réseaux criminels impliqués trafiquaient des pièces archéologiques et des objets d'art issus de pillages dans des pays frappés par la guerre ou encore volés dans des musées et sites archéologiques.

Il s'agissait notamment de monnaies anciennes de différentes périodes, de pièces archéologiques, d'objets de céramique, d'armes anciennes, de peintures et de fossiles. Des appareils utilisés par les trafiquants pour commettre leurs délits, tels que des détecteurs de métal, ont également été découverts.
Les saisies ont été réalisées à l'occasion de l'Opération internationale Athena II, dirigée par l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et INTERPOL, et de l'opération Pandora IV, menée au même moment mais axée, quant à elle, sur l'Europe et coordonnée par la Guardia Civil espagnole et Europol. Les détails des deux opérations, qui se sont déroulées à l'automne 2019, n'ont pu être communiqués qu'aujourd'hui pour des raisons opérationnelles.

Marchés illicites en ligne
Les services répressifs ont notamment focalisé leur attention sur la surveillance des places de marchés et des sites de vente en ligne, étant donné qu'Internet joue un rôle prépondérant dans le commerce illicite d'objets culturels.

Durant la semaine dite de « cyberpatrouille » et sous la direction des Carabinieri italiens, des experts de la police et des douanes mais aussi d'Europol, d'INTERPOL et de l'OMD ont cartographié les cibles actives et élaboré des dossiers de renseignement. Ces efforts ont permis de saisir 8 670 objets culturels mis en vente en ligne, ce qui représente 28% du nombre total des pièces et des objets retrouvés.


Quelques faits saillants de l'opération
La Douane afghane a saisi 971 objets relevant du patrimoine culturel afghan à l'aéroport de Kaboul alors qu'ils allaient quitter le territoire national à destination d'Istanbul, en Turquie.
La Police nationale espagnole, en collaboration avec la Police nationale colombienne, a retrouvé à l'aéroport de Barajas (Madrid) quelques objets précolombiens extrêmement rares, acquis illégalement après avoir été pillés sur des sites archéologiques en Colombie, notamment un masque de Tumaco en or qui, selon les experts, constitue une pièce unique en son genre, et plusieurs figurines et bijoux anciens en or. Trois trafiquants ont été arrêtés en Espagne et des perquisitions à Bogotá par les autorités colombiennes ont permis de retrouver 242 objets précolombiens supplémentaires, la plus grande saisie de biens culturels dans l'histoire du pays.
Dans le cadre d'une enquête sur une vente en ligne, la Police fédérale argentine a récupéré 2 500 pièces de monnaie anciennes, la plus grande saisie pour cette catégorie d'objets, la deuxième place revenant à la Latvijas Valsts Policija (Police d'État lettone), qui a retrouvé, quant à elle, 1 375 pièces.
Six forces de police européennes ont rapporté la saisie de détecteurs de métaux pour un total de cent huit pièces, ce qui montre que le pillage de sites archéologiques a encore bel et bien cours en Europe


Protéger notre patrimoine culturel
C'est la deuxième fois qu'Europol, INTERPOL et l'OMD unissent leurs forces dans la lutte contre le commerce illicite de biens culturels. Compte tenu de la dimension internationale des activités ciblées, une unité de coordination opérationnelle (UCO), active 24 heures sur 24, a été mise sur pied et gérée conjointement par l'OMD, INTERPOL et Europol. Outre les échanges d'informations et la diffusion des alertes, l'UCO a également effectué des vérifications dans diverses bases de données internationales et nationales, comme la Base de données sur les oeuvres d'art volées d'INTERPOL et le Système d'information européen d'Europol.

« Le nombre d'arrestations et d'objets témoigne de l'ampleur et de la portée mondiale du commerce illicite d'objets culturels, un trafic qui touche potentiellement tout pays qui possède un riche patrimoine culturel », a indiqué, quant à lui. » Jürgen Stock, Secrétaire général d'INTERPOL

« Le nombre d'arrestations et d'objets témoigne de l'ampleur et de la portée mondiale du commerce illicite d'objets culturels, un trafic qui touche potentiellement tout pays qui possède un riche patrimoine culturel », a indiqué, quant à lui, le Secrétaire général d'INTERPOL, Jürgen Stock. « Ajoutez à cela les sommes importantes d'argent brassées et le secret qui entoure les transactions et vous comprendrez aisément pourquoi ce commerce offre aussi de nombreuses possibilités pour le blanchiment d'argent, pour la fraude ainsi que pour le financement des réseaux criminels organisés », a-t-il ajouté.

« Le crime organisé a de nombreuses facettes. Le trafic de biens culturels en est une : il ne s'agit nullement d'une activité glamour menée par d'élégants gentlemen faussaires mais bien d'actes de délinquance commandités par des réseaux criminels internationaux. On ne peut pas aborder ce trafic indépendamment du trafic de drogues et d'armes : nous savons que les mêmes groupes sont impliqués, tant il rapporte gros. Comme il s'agit d'un phénomène mondial qui touche tous les pays de la planète, soit parce qu'ils sont des pays sources, soit parce qu'ils sont des pays de transit ou de destination, il est essentiel que l'ensemble des services répressifs travaillent de concert pour combattre ce fléau. Europol, en tant qu'agence européenne chargée du respect de la loi, a appuyé les États membres de l'UE qui ont participé à cette opération mondiale, en utilisant ses capacités de renseignement afin de détecter les réseaux pan-européens se cachant derrière ces vols », a déclaré Catherine de Bolle, directrice exécutive d'Europol.

« Les résultats opérationnels obtenus par les douanes et les services répressifs partenaires prouvent de manière concrète que le trafic international de biens culturels se porte malheureusement très bien et qu'il touche tous les continents. Nous continuons plus spécifiquement à recevoir des indices qui attestent que les marchés illicites en ligne sont l'un des principaux vecteurs de ce type de délinquance. Cela dit, les transactions en ligne laissent toujours des traces et la douane, la police et les autres partenaires ont mis sur pied des mécanismes efficaces qui leur permettent de travailler ensemble pour entraver ce commerce illicite à travers les frontières », a déclaré Kunio Mikuriya, Secrétaire général de l'OMD.

Coopération interservices
De nombreuses activités menées durant l'opération ont été décidées et menées conjointement par les douanes et les services de police au niveau national avec le soutien et la participation d'experts des ministères de la Culture et d'autres institutions et services répressifs pertinents.