l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne préconise une stratégie de sécurité alimentaire en Méditerranée

CER Comité Européen des Régions - 09/11/2020 15:00:00


Selon un rapport examiné par les membres de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) le 29 octobre, l'Union européenne et l'Union pour la Méditerranée devraient envisager d'élaborer une stratégie macrorégionale pour la sécurité alimentaire en Méditerranée, promouvoir une transition agro-écologique vers des pratiques qui préservent les sols et la biodiversité agricole et envisager également l'introduction d'un label «produits méditerranéens» ou «régime méditerranéen».


Les recommandations, actuellement en phase préparatoire, invitent aussi les régions et les villes à faire tout leur possible pour jouer un rôle moteur dans les efforts visant à élaborer des approches agricoles plus résilientes aux dramatiques changements climatiques dans la région méditerranéenne.


L'avis, qui est en cours d'élaboration par Agnès Rampal (FR/PPE), maire adjointe de Nice, a été examiné par la commission du développement territorial durable de l' ARLEM , forum politique qui rassemble des responsables politiques de l'UE et des pays riverains de la Méditerranée. Il fera ensuite l'objet d'un débat lors de la réunion plénière de l'ARLEM au mois de février 2021, en même temps qu'un deuxième avis portant sur la numérisation des petites et moyennes entreprises dans la région méditerranéenne.


«Le changement climatique a un impact épouvantable en Méditerranée et aggrave une situation de vulnérabilité marquée, a déclaré M me Rampal . Mon avis est un appel à l'action. L'agriculture, l'alimentation et la sécurité alimentaire sont indissociablement liées, et nous devons maintenir ce lien dans la région méditerranéenne. Il existe actuellement un déficit de gouvernance et de vision commune, car les politiques de gestion agricole ne sont pas une priorité de l'agenda politique. Il s'impose d'élaborer des pratiques agricoles beaucoup plus résilientes, de promouvoir le régime méditerranéen, qui fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO, et d'apporter un soutien spécifique à la souveraineté alimentaire.»


Présentant son rapport sur la numérisation des petites et moyennes entreprises dans la région méditerranéenne, Lizzy Delaricha , maire de Ganei Tikva (Israël), a déclaré: «La numérisation est le prochain pont qui doit être franchi par les PME», ajoutant que le manque de numérisation les empêche actuellement «de se retrouver en concurrence avec d'autres entreprises».


La numérisation est une priorité de la Commission européenne; Ursula von der Leyen, sa présidente, a souligné que la numérisation ainsi que l'action pour le climat sont au coeur des efforts déployés par l'UE pour se remettre de la pandémie de coronavirus.


La réunion était coprésidée par Lahcen Amrouch , maire d'Argana (Maroc), et Arianna Maria Censi (PSE), maire adjointe de la ville métropolitaine de Milan.


M me Censi a insisté sur les «défis» auxquels sont confrontées les régions et les villes d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Elle a fait valoir la nécessité «de créer et de soutenir des modèles économiques de développement qui placent les communautés locales au coeur de leur action, de partager les politiques de lutte contre le changement climatique et la crise de la COVID-19, de promouvoir le multilatéralisme et de redynamiser le contenu de la charte de Milan héritage culturel de l'Expo Milan 2015, sur l'accès à l'alimentation pour éradiquer la faim d'ici à 2030».


Xavier Cadoret , vice-président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, a déclaré que les réponses à la crise du coronavirus «ne doivent pas porter atteinte à la démocratie» et que les mesures prises par les dirigeants nationaux doivent avoir une «légitimité démocratique» et être «temporaires». Il a en outre décrit la crise comme «une occasion de reconnaître le rôle spécifique et crucial des collectivités locales et régionales dans le bassin méditerranéen».


La Commission européenne a révélé que le nombre de victimes de la pandémie dans le voisinage méridional s'élève actuellement à plus de 13 000, que les investissements directs étrangers ont chuté de 45 % cette année et que les envois de fonds «s'effondrent». Pour remédier à cette situation, la Commission a accéléré les paiements au titre de l'appui budgétaire aux partenaires du sud de la Méditerranée et réorienté 2,3 milliards d'EUR de ses programmes dans la région afin de fournir une aide d'urgence, de renforcer les réponses médicales et sociales et d'améliorer les services de l'eau et de l'assainissement. Cette aide comporte des mesures d'aide aux réfugiés.


Les membres de l'ARLEM ont aussi participé à un débat sur le projet de stratégie pour un développement urbain durable de l'Union pour la Méditerranée . Le Comité européen des régions a décidé en 2008 d'oeuvrer en faveur de la création de l'ARLEM en réponse à la constitution, quelques mois plus tôt, de l'Union pour la Méditerranée (UpM), afin de veiller à ce qu'une perspective locale et régionale puisse être intégrée dans les travaux de l'UpM. L'UpM, qui rassemble 42 pays de l'UE et du bassin méditerranéen, est née d'un processus diplomatique qui a débuté il y a 25 ans à Barcelone .


Contexte:

Cette réunion de l'ARLEM était la première depuis le début du nouveau mandat du Comité européen des régions, organe dont sont issus les membres européens. Le changement de mandat du CdR a également eu une incidence sur la composition de l'ARLEM. En raison de la pandémie, la réunion s'est tenue en ligne.


Au nombre des orateurs externes de la réunion de l'ARLEM figuraient Isidro González , secrétaire général adjoint de l'UpM chargé de l'eau et de l'environnement, qui a constaté que seul l'Arctique est moins touché par le changement climatique que la Méditerranée, Jean-Paul Pelissier , du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) de Montpellier, ainsi que des représentants de la Commission européenne. Au cours de la discussion sur la stratégie de l'UpM en matière de développement urbain durable sont intervenus des responsables politiques et des fonctionnaires de Louvain (Belgique) et de Jordanie, ainsi que de nombreux universitaires et membres de l'ARLEM.


La prochaine réunion de l'ARLEM aura lieu lors de sa session plénière en février 2021. À cette occasion, le nom du troisième lauréat du prix de l'ARLEM pour l'entrepreneuriat local des jeunes en Méditerranée sera proclamé.


CER Comité Européen des Régions


Le Comité des régions est la voix des régions et des villes dans l'Union européenne.

350 membres - élus locaux et régionaux des 28 États membres de l'UE.
6 commissions se partagent des compétences dans les domaines politiques suivants, conformément aux traités:
- emploi, formation professionnelle, cohésion économique et sociale, politique sociale, santé;
- éducation et culture;
- environnement, changement climatique, énergie;
- transports et réseaux transeuropéens;
- protection civile et services d'intérêt général.

6 sessions plénières par an.
Plus de 50 avis par an sur la législation de l'UE.
Plus de 40 consultations de parties prenantes par an.
Plus de 300 manifestations par an.

Président du Comité des régions
President
Apostolos Tzitzikostas

Apostolos Tzitzikostas a été élu Président du Comité européen des régions (CoR) en février 2020 après avoir tenu la présidence de la délégation grecque ainsi que la vice-présidence du Comité européen des Régions depuis juillet 2017. Il est aussi Gouverneur de la Région de Macédoine Centrale
Contact Nathalie Vandelle
Tél. +32 (0)2 282 24 99
nathalie.vandelle@cor.europa.eu


BIOGRAPHIE
​Apostolos Tzitzikostas est né le 2 septembre 1978. Il a fait des études en relations gouvernementales et internationales à l'université de Georgetown, à Washington DC. Diplômé en 2000, il a commencé sa carrière au sein du cabinet du président de la commission des affaires étrangères du Congrès des États-Unis. En 2002, il a obtenu un master en politique publique européenne et en économie au Collège universitaire de Londres. Après ses études, il a créé sa propre entreprise dans le domaine de la production, du traitement et de la normalisation des produits laitiers, sur la base de normes biologiques.

En 2007, il a été élu membre du Parlement grec pour le parti Nea Demokratia (PPE) dans le premier district de Thessalonique. Lors des élections régionales de novembre 2010, il a été élu vice-gouverneur de la région de Macédoine centrale et responsable de la zone métropolitaine de Thessalonique. À la faveur des élections régionales de mai 2014, il est devenu gouverneur de la région de Macédoine centrale et a été réélu à ce même poste lors des élections régionales de mai 2019. En novembre 2019, il a été nommé président de l'Association des régions grecques.

Apostolos Tzitzikostas est membre du Comité européen des régions depuis 2015. En juillet 2017, il a été élu à la tête de la délégation grecque et a été désigné vice-président du Comité européen des régions. Il parle couramment l'anglais et le français, et ses articles sont régulièrement publiés dans des journaux et des magazines grecs et étrangers.