1 000 jours d'enseignement perdus pour les filles afghanes - soit trois milliards d'heures d'apprentissage Déclaration de Catherine Russell, Directrice générale de l'UNICEF

UNICEF - Fonds international d'urgence des Nations unies pour l'enfance - 18/06/2024 10:30:00




NEW YORK, LE 13 JUIN 2024 - « C'est un bien triste anniversaire que nous célébrons aujourd'hui : cela fait 1 000 jours que l'interdiction d'accès à l'enseignement secondaire pour les filles a été prononcée en Afghanistan.

1 000 jours d'école, cela représente trois milliards d'heures d'apprentissage.

Pour 1,5 million de filles, cette exclusion constitue non seulement une violation manifeste de leur droit à l'éducation, mais se traduit également par une diminution de leurs perspectives et une détérioration de leur santé mentale.

Les droits des enfants, en particulier des filles, ne peuvent pas être détenus en otage par le pouvoir politique. Leur vie, leur avenir, leurs espoirs et leurs rêves sont en jeu.

Cette interdiction n'a pas uniquement des conséquences sur les filles. Elle exacerbe la crise humanitaire actuelle et entraîne de graves répercussions sur l'économie et la trajectoire de développement de l'Afghanistan.

L'éducation n'ouvre pas seulement des perspectives. Elle protège les filles du mariage précoce, de la malnutrition et d'autres problèmes de santé, et elle favorise leur résilience face à des catastrophes comme les inondations, les sécheresses et les tremblements de terre, qui touchent fréquemment l'Afghanistan[1].

Mes collègues de l'UNICEF travaillent sans relâche pour aider tous les enfants d'Afghanistan. Avec nos partenaires, nous veillons à ce que 2,7 millions d'enfants bénéficient d'un enseignement primaire, en mettant en place des classes au sein des communautés au profit de 600 000 enfants - des filles pour les deux tiers -, en formant des enseignants et en faisant tout notre possible pour maintenir le fonctionnement des infrastructures éducatives.

Alors que nous célébrons ce sombre anniversaire, j'exhorte les autorités de facto à permettre à tous les enfants de poursuivre leur apprentissage sans plus attendre. Et j'encourage vivement la communauté internationale à rester mobilisée et à soutenir ces filles qui ont plus que jamais besoin de nous. Aucun pays ne peut avancer lorsque la moitié de sa population est laissée de côté. »